Le bleu gris est la couleur que tout le monde veut sur ses volets, mais que personne ne sait commander. Entre le RAL 5008 , le RAL 7031 , le bleu pigeon et le gris ardoise, les références se multiplient et le résultat sur le bois ne ressemble jamais tout à fait à l’échantillon du nuancier. Résultat : des volets repeints deux fois, un budget doublé et une frustration bien réelle.
Ce guide détaille comment identifier la bonne teinte de peinture volet bleu gris , préparer correctement le bois et appliquer la peinture pour un rendu durable. Que la maison soit une bastide provençale ou un pavillon en Île-de-France, les étapes restent les mêmes. Seule la nuance change.
Ce dont vous avez besoin avant de commencer
Le matériel de base pour repeindre une paire de volets battants coûte entre 50 et 100 € en fournitures si vous travaillez seul. Voici ce qu’il faut prévoir.
Pour la préparation du bois : une ponceuse orbitale ou du papier de verre grain 80 puis 120, un décapant universel (environ 10 €), une spatule, une brosse métallique pour les ferrures, un nettoyant dégraissant et de la pâte à bois pour combler les fissures éventuelles.
Pour la peinture : une peinture bois extérieur microporeuse en finition satinée (comptez 15 à 42 € le litre selon la gamme), un pinceau à bout rond pour les rainures des persiennes, un rouleau à poils mi-longs pour les surfaces planes, et éventuellement un primaire d’accroche bois (10 à 15 € le litre). Le rendement moyen se situe autour de 9 à 12 m² par litre en une couche. Pour une paire de volets standard, prévoyez 1 à 1,5 litre en deux couches.
N’oubliez pas deux tréteaux stables, une bâche de protection et de la peinture antirouille pour les espagnolettes et les pentures (environ 30 € le litre, rendement 16 m²).
Étape 1 : trouver la bonne nuance de bleu gris
C’est la partie la plus frustrante du projet. Le terme bleu gris recouvre en réalité une dizaine de teintes distinctes dans le nuancier RAL, et la couleur perçue change radicalement selon l’exposition, la lumière du jour et la teinte de la façade.
Les références RAL les plus demandées pour un effet bleu gris sur des volets bois :
RAL 5008 (Bleu gris) : un bleu profond avec une forte composante grise. Très élégant sur pierre claire, mais peut paraître presque noir à l’ombre. C’est la teinte la plus sombre de la famille.
RAL 5014 (Bleu pigeon) : plus doux, tirant vers le bleu lavande délavé. Le classique des volets provençaux modernes. Sur une façade ocre ou beige, le rendu est lumineux.
RAL 7031 (Gris bleu) : ici le gris domine nettement. C’est un choix contemporain qui se marie bien avec le gris anthracite RAL 7016 des menuiseries en aluminium.
RAL 7000 (Gris petit-vair) : un gris bleuté clair, souvent qualifié de « gris acier ». Sobre, presque militaire. Le fameux bleu RAF (Royal Air Force) s’en rapproche beaucoup.

Le piège le plus courant : se fier uniquement à l’écran pour choisir. Un écran d’ordinateur ou de smartphone ne reproduit jamais fidèlement les teintes RAL. Achetez systématiquement un nuancier physique (disponible pour quelques euros en magasin de bricolage) ou demandez un échantillon au comptoir de la machine à teinter.
Autre erreur fréquente : oublier que la peinture fonce de 5 à 10 % en séchant, et qu’une exposition plein sud va éclaircir la teinte au fil des mois. Tester la peinture sur une chute de bois, dehors, pendant 48 heures, évite bien des mauvaises surprises.
Étape 2 : vérifier la réglementation locale
Avant de sortir le pinceau, renseignez-vous auprès de votre mairie ou consultez le Plan Local d’Urbanisme (PLU). En zone classée, à proximité d’un monument historique ou dans un lotissement, le choix des couleurs de volets peut être imposé ou restreint à une palette définie par l’Architecte des Bâtiments de France.
Le risque en cas de non-respect : une mise en demeure de tout repeindre à vos frais, voire une amende. La démarche consiste simplement à déposer une déclaration préalable de travaux si la couleur change par rapport à l’existant. Le formulaire est gratuit et le délai d’instruction est d’un mois en général.
Étape 3 : choisir le bon type de peinture
Trois familles de peinture se disputent le marché de la peinture pour volets bois extérieur. Le choix impacte directement la durabilité, le rendu et l’entretien.

La peinture acrylique (environ 15 € le litre) est à base d’eau. Elle sèche vite (1 à 2 heures entre les couches), ne dégage quasiment pas d’odeur et le nettoyage des outils se fait à l’eau. Son point faible : elle accroche un peu moins bien sur bois brut et nécessite souvent un primaire. Elle laisse le bois respirer, ce qui limite l’écaillement à long terme.
La peinture glycéro (25 à 50 € le litre) offre un pouvoir couvrant supérieur et une excellente résistance à l’humidité. Le revers : un temps de séchage long (8 heures minimum), une odeur forte et un nettoyage au White Spirit. Elle tend à disparaître du marché au profit des alkydes, en raison de sa forte teneur en composés organiques volatils (COV).
La peinture alkyde (environ 40 € le litre) combine les avantages des deux précédentes. À base d’eau et de résine, elle offre un tendu comparable à la glycéro, sèche en 2 à 4 heures, et émet très peu de COV. C’est aujourd’hui le meilleur compromis pour des volets extérieurs soumis aux intempéries. Certaines formulations garantissent une protection de 10 à 12 ans avant un rafraîchissement.
Pour un bleu gris , la finition satinée est la plus adaptée. Elle met en valeur la profondeur de la teinte sans l’effet miroir du brillant, tout en restant facile à nettoyer. Un fini mat peut sembler terne sur un bleu gris et marque plus facilement les traces.
Étape 4 : préparer le bois sans bacler
La préparation représente 70 % de la réussite d’une peinture de volets. Raccourcir cette étape, c’est garantir un écaillement dans les deux ans.
Démonter les volets. Peindre des volets à la verticale, encore accrochés aux gonds, provoque des coulures impossibles à rattraper. Dégondez-les (à deux si possible) et posez-les à plat sur des tréteaux. Retirez toutes les pièces métalliques : espagnolettes, pentures, visserie.
Évaluer l’état de l’ancienne peinture. Si elle est encore bien accrochée, sans cloques ni écailles, un simple ponçage au grain 120 suffit à créer l’adhérence nécessaire. Si elle s’effrite ou se décolle, il faut décaper jusqu’au bois nu à l’aide d’un décapant chimique ou d’une ponceuse au grain 80.
Nettoyer et dégraisser. Après ponçage, dépoussiérer soigneusement et passer un nettoyant dégraissant. Sur les bois résineux (pin, mélèze, douglas), cette étape est indispensable : les résines empêchent la peinture d’accrocher correctement.
Reboucher les fissures. La pâte à bois permet de combler les petits manques. Pour des dégâts plus importants, une résine de réparation bois est préférable. Laisser sécher complètement avant de poncer au grain 120 pour lisser la surface.
Vérifier le taux d’humidité. Le bois doit être parfaitement sec, avec un taux d’humidité inférieur à 20 %. Un bois qui paraît sec en surface peut être gorgé d’eau à cœur après un épisode pluvieux. Un testeur d’humidité coûte une quinzaine d’euros et évite de peindre sur un support inadapté.
Étape 5 : appliquer la peinture bleu gris
Travaillez par temps sec, entre 10 et 25 °C , sans vent fort ni soleil direct. Le soleil fait sécher la peinture trop vite et empêche un bon tendu.
Première couche. Si vous utilisez un primaire d’accroche, appliquez-le en premier et laissez sécher selon les indications du fabricant (généralement 4 heures). Sinon, diluez la première couche de peinture à 5-10 % (eau pour l’acrylique/alkyde, White Spirit pour la glycéro) afin de favoriser la pénétration dans le bois.
Commencez toujours par les rainures et les angles au pinceau à bout rond, puis passez au rouleau sur les surfaces planes. Croisez les passes (horizontale puis verticale) et terminez en lissant dans le sens des fibres du bois. Évitez de surcharger le pinceau : deux couches fines valent infiniment mieux qu’une couche épaisse, qui va craqueler.
Ponçage intermédiaire. Une fois la première couche sèche (comptez 4 à 12 heures selon le produit), effectuez un léger ponçage au grain 120 pour éliminer les petites aspérités et les poussières piégées dans le film de peinture. Dépoussiérez au chiffon humide.
Deuxième couche. Appliquez la peinture pure, sans dilution, en lissant soigneusement dans le sens du bois. C’est cette couche qui donne la teinte finale et l’aspect satiné recherché. Sur un bleu gris, les traces de reprise se voient particulièrement. Travaillez par sections complètes sans interruption (un panneau entier à la fois).
Les ferrures. Profitez-en pour traiter les pièces métalliques. Brossez la rouille, appliquez deux couches de peinture antirouille, puis une couche de finition dans la même teinte bleu gris ou en noir mat pour créer un contraste.
Étape 6 : assurer la longévité du résultat
Un volet correctement peint avec une peinture de qualité tient 5 à 10 ans avant de nécessiter un rafraîchissement. Mais certains gestes prolongent la durée de vie.
Attendez 3 semaines avant le premier nettoyage à l’eau. C’est le temps nécessaire pour que le film de peinture durcisse complètement et devienne lessivable. Un nettoyage annuel à l’eau savonneuse (pas de karcher, qui décape le film) suffit à maintenir l’éclat de la teinte.
Surveillez l’apparition des premiers signes d’usure : micro-fissures, légère poudraille au toucher, zones plus claires aux endroits les plus exposés au soleil. Une couche de rafraîchissement appliquée dès ces premiers signes coûte 2 heures de travail. Attendre que la peinture s’écaille impose un décapage complet, soit un week-end entier par paire de volets.
L’exposition joue énormément. Des volets plein sud perdent leur éclat 30 à 40 % plus vite que ceux orientés nord. Sur une façade très exposée, privilégiez les peintures avec filtre anti-UV renforcé et les finitions alkydes haut de gamme, même si le litre coûte le double.
Le bleu gris, un choix sûr à condition de bien le doser
Le bleu gris fait partie de ces teintes qui traversent les modes sans se démoder. Plus discret qu’un bleu lavande franc, plus chaleureux qu’un gris anthracite pur, il s’adapte à la plupart des façades en pierre, en enduit clair ou en crépi. La clé, c’est de ne pas se précipiter sur la teinte : commander un échantillon, le tester en conditions réelles sur le bois et attendre 48 heures avant de valider. Le reste n’est qu’une question de méthode et de patience.








