70 cm. C’est la largeur minimale que proposent la quasi-totalité des fabricants de baignoires en France. Trouver un modèle de seulement 60 cm de large relève du parcours du combattant. La raison est simple : en dessous de 70 cm de largeur extérieure, le fond de cuve tombe à environ 45 cm. Autant dire qu’une personne de corpulence moyenne s’y retrouve à l’étroit, les coudes collés aux parois. Pourtant, dans un appartement ancien ou une salle d’eau de 3 à 4 m², cette contrainte de largeur est bien réelle. Bonne nouvelle : des solutions existent pour installer une baignoire dans un espace restreint sans sacrifier le confort.
Pourquoi la baignoire de 60 cm est si difficile à trouver
Le marché français standardise les baignoires rectangulaires autour de trois plages de largeur : 70 cm pour les modèles étroits, 75 à 80 cm pour le milieu de gamme, et 90 cm et plus pour le haut de gamme. En dessous de 70 cm, les fabricants considèrent que le confort d’utilisation devient insuffisant pour un adulte.
Une largeur extérieure de 60 cm se traduit par une cuve utile d’environ 45 cm au fond. En pratique, cela pose deux problèmes concrets : la position assise est inconfortable au-delà de 10 minutes, et l’effet ventouse entre le corps et les parois de la cuve rend les mouvements difficiles. Pour un enfant de moins de 3 ans, cette dimension reste adaptée. Pour un adulte, même de petit gabarit, c’est trop juste.
Les grandes enseignes de bricolage ne référencent aucun modèle standard en 60 cm de large. Les catalogues en ligne qui affichent « baignoire 60 cm » mélangent souvent la hauteur de la cuve (60 cm) avec la largeur, ce qui crée une confusion fréquente lors des recherches.
Les vraies alternatives pour les espaces de moins de 70 cm de large

La baignoire asymétrique : le meilleur compromis
La baignoire asymétrique (ou baignoire gain de place) est la solution la plus pertinente pour les salles de bain étroites. Son principe : un côté plus large au niveau des épaules (75 cm) et un côté plus étroit au niveau des pieds (50 à 60 cm). L’encombrement au sol est donc réduit sans pénaliser le confort là où le corps a besoin d’espace.
Quelques repères concrets :
La Bette Bambino mesure 157 x 65/50 cm. C’est l’une des plus petites baignoires asymétriques du marché, avec un côté à seulement 50 cm de large.
La BetteSpace S affiche 170 x 75/60 cm. Le côté étroit descend à 60 cm, ce qui permet de la glisser dans une niche serrée.
La Geberit Renova asymétrique propose 160 x 75/50 cm pour une capacité de 170 litres.
Le budget d’une baignoire asymétrique en acrylique démarre autour de 400 € et peut dépasser 2 500 € pour les modèles balnéo ou en matériaux nobles. Comptez entre 500 et 900 € pour un modèle milieu de gamme de marque reconnue.
La baignoire sabot : compacte mais limitée
La baignoire sabot mesure entre 100 et 130 cm de longueur pour une largeur standard de 70 cm. Le bain se prend en position assise. Sa capacité réduite (50 à 92 litres selon les modèles) équivaut à la consommation d’eau d’une douche de 7 à 10 minutes.
Ce format convient parfaitement pour donner le bain à un enfant ou pour un usage quotidien rapide. En revanche, les personnes de plus de 1,75 m ne pourront pas étendre leurs jambes, et la position assise prolongée devient inconfortable au bout de 15 à 20 minutes.
Un modèle d’entrée de gamme en acrylique comme l’Astor-S 120 x 70 cm se trouve autour de 150 à 300 €. Les versions avec porte intégrée, destinées aux seniors ou personnes à mobilité réduite, grimpent entre 3 200 et 6 500 € pose comprise.
La baignoire d’angle : exploiter le recoin inutilisé
Dans une salle de bain carrée, la baignoire d’angle exploite un espace souvent perdu. Les dimensions compactes démarrent à 120 x 120 cm pour les modèles quart de cercle. L’emprise au sol reste modérée tout en offrant un volume de cuve généreux.
Attention cependant : l’angle de la pièce doit être strictement à 90°. Un écart de quelques degrés (fréquent dans les immeubles anciens) complique l’installation et génère des jours inesthétiques entre la baignoire et le mur. Prévoir un relevé précis avant l’achat évite cette déconvenue.
Le sur-mesure : dernier recours coûteux
Pour ceux qui n’ont aucune autre option, la fabrication sur mesure en résine, en béton ciré ou en Solid Surface permet d’obtenir exactement les dimensions souhaitées. Ce choix a un prix : comptez entre 2 000 et 5 000 € pour la cuve seule, hors pose et habillage. Le délai de fabrication oscille entre 4 et 8 semaines selon l’artisan.
La baignoire maçonnée sur place est une autre piste. Elle s’adapte au millimètre à l’espace disponible et peut intégrer des formes impossibles à réaliser en usine. Le coût total (matériaux + main-d’œuvre) se situe généralement entre 1 500 et 3 500 €.
Comment choisir la bonne option selon son profil
Le choix dépend de trois critères : l’espace disponible , l’usage principal et le budget.
Pour une salle de bain de 3 m² avec un passage libre de 60 cm à respecter, la baignoire asymétrique avec un côté à 50 cm reste la meilleure option. Elle permet de conserver un espace de circulation suffisant tout en offrant un vrai bain allongé.
Pour un usage exclusivement dédié aux enfants (bébé jusqu’à 4-5 ans), la baignoire sabot de 105 à 120 cm de longueur suffit amplement. C’est d’ailleurs le cas de nombreux parents en appartement qui cherchent une solution temporaire sans refaire toute la salle de bain.
Pour les budgets serrés (moins de 500 €), une baignoire rectangulaire classique de 70 cm de large et 140 à 150 cm de longueur constitue le choix le plus raisonnable. Certains modèles en acier émaillé démarrent à 150 €. La largeur supplémentaire de 10 cm par rapport à l’objectif de 60 cm peut souvent se gagner en repensant l’agencement : inverser le sens de la porte, déplacer le lavabo, passer à une vasque étroite de 40 cm.
Les erreurs fréquentes à éviter avant l’achat
Confondre largeur et hauteur. De nombreuses fiches produits en ligne mentionnent « 60 cm » sans préciser s’il s’agit de la largeur, de la hauteur de la cuve ou de la profondeur d’assise. Vérifier systématiquement les trois dimensions (longueur x largeur x hauteur) avant de commander.
Oublier l’espace de circulation. La norme recommande un dégagement minimum de 60 cm devant la baignoire pour circuler et s’essuyer confortablement. Installer une baignoire qui occupe toute la largeur de la pièce sans ce dégagement rend la salle de bain impraticable au quotidien.
Négliger l’accès à la plomberie. Une baignoire encastrée dans une niche étroite complique l’accès au siphon et à la bonde en cas de fuite. Prévoir une trappe de visite d’au moins 30 x 30 cm du côté de l’évacuation économise des heures de démontage en cas de problème.
Sous-estimer le poids. Une baignoire en fonte, même petite, pèse entre 80 et 120 kg à vide. Dans un appartement en étage, vérifier la capacité portante du plancher est indispensable. Les modèles en acrylique (15 à 25 kg) ou en acier émaillé (30 à 40 kg) sont bien plus adaptés aux étages.
La baignoire de 60 cm de large reste un produit quasi introuvable en grande distribution. Plutôt que de chercher ce format inexistant, miser sur une baignoire asymétrique dont le côté étroit ne dépasse pas 50 à 60 cm permet de résoudre le problème d’espace tout en conservant un vrai confort de bain. Pour un simple usage enfant, la baignoire sabot reste l’option la plus économique et la plus simple à installer. Dans tous les cas, prendre les mesures exactes de la pièce, y compris les éventuels obstacles (tuyaux apparents, angles non droits, porte), reste le premier réflexe avant tout achat.








